Select

De Rouille et D’Os…

Damien Guillory on 28 mai 2012. Tags: , , , ,

On a tous vu les extraits ou la bande annonce du dernier Audiard.

Marion Cotillard, amputée des deux jambes, laissant entrevoir la difficulté de vivre avec un handicap.

L’image est saisissante, intrigante, mais ne résume en rien l’histoire de ce film.

Car « De Rouille et d’Os » c’est l’histoire d’un homme: Ali, formidablement interprété par Mathias Schoenaerts.

Ali c’est cet homme que l’on croise quotidiennement; ce mec pas vraiment mauvais qui essaye de garder la tête hors de l’eau en vivotant de petits boulots et de petits trafics en tout genre.

Un peu paumé, avec un enfant sur les bras, il décide de quitter le nord de la France et de  rejoindre sa soeur à Antibes.

Il y trouve pour son fils, Sam, un semblant de foyer.

On lui propose de gagner un peu d’argent dans des combats de rue, puisque sa vie est un combat de chaque instant, il trouve ça fun…

On retrouve alors tout le talent d’Audiard, qui filme encore une fois ces hommes pour qui la violence est une banalité quotidienne.

Puis Ali croise la route de Stéphanie (Marion Cotillard), éleveuse d’orque amputée des deux jambes suite à un accident.

Sans aucun repères face à cette triste réalité, Ali préfère « matter » les seins de Stéphanie plutôt que de se focaliser sur ses membres manquants.

Et comme vous vous en doutez la belle va tomber amoureuse du Bad-boy.

Mais Ali, lui, ne sait pas ce que c’est que l’amour, et il lui faudra à nouveau être confronté à un drame (son fils échappera de peu à la mort), pour s’apercevoir qu’il sait aimer.

Aimer son fils, aimer Stéphanie…

 

Après « De battre mon Coeur s’est arrêté » et « un prophète » Audiard réuni dans ce film ses deux grands sujets: L’Amour et la Violence.

Peut être parceque je suis un adèpte des films qui dérangent et du « toujours plus », j’ai trouvé qu’il y avait un peu de retenu dans l’écriture.

Malgré ça, Audiard est un génie; Marion Cotillard est décidément une très grande actrice et elle trouve ici son alter-ego masculin avec Mathias Schoenaerts qui incarne pleinement le rôle d’Ali.

 

Pour la bande-son, Audiard à fait appel à son compositeur de toujours, Alexandre Desplat.

LA vrai star du festival de Cannes de cette année puisqu’Alexandre Desplat à signé les bandes-son des films:

 

 

d’Audiard,

de Wes Anderson,

de Matteo Garronne,

de Laurent Bouzereau,

de Gilles Bourdos,

de Raymond Depardon et Claudine Nougaret,

Tous présentés pour le festival…

 

 

 

Sur « De rouille et d’Os » Desplat réalise une bande-son épurée, simple et terriblement efficace.

 

Mais la plus grande réussite du film, à mon avis, se tient dans le design sonore.

En effet avant chaque drame, des subs (infra-son) subtiles à peine audibles apparaissent.

Ayant toujours l’oreille en éveil sur ces choses là, j’ai entendu et très vite compris le procédé, mais je suis presque sûr que le spectateur lambda lui à eu une drôle de sensation indéfinissable dû aux vibrations quasi imperceptibles engendrées par ces sons, sans pour autant entendre et comprendre d’où ce mal-être provenait.

 

Un bon film donc, un peu en-dessous « du prophète » à mon goût, mais il est difficile d’égaler un chef-d’oeuvre…