Select

The Place Beyond The Pines

Docteur House étant officiellement mort la semaine dernière, je me suis donc laissé tenter par une toile mardi soir….

 

« The place beyond the pines », le titre est intriguant.

Ryan Gosling, Bradley Cooper et Eva Mendes, le casting semble commercial mais les extraits que j’avais pu voir, ont suffit a attiser ma curiosité.

 

 

Et bien m’en a pris, puisque les acteurs sont loin de leurs rôles de sex-symbols habituels.

Gosling confirme son talent et Cooper montre  une dimension dramatique plutôt convaincante.

 

Le film subit quelques longueurs (les deux heures vingts se font sentir) mais la réalisation est belle et soignée.

L’esthétique comble les quelques facilités et raccourcis dans la narration.

Ces quelques défauts sont bien dommage puisque sans eux, The Place, s’approcherait du chef d’oeuvre.

 

L’intrigue est assez simple: Un jeune cascadeur à moto apprend qu’il a un fils et dès lors il décide de subvenir à ces besoins en braquant des banques….

 

Oui comme ça, cela ne donne pas forcément envie, mais derrière cette intrigue presque banale, The Place est en fait une belle réflexion sur la recherche d’identité, sur l’inégalité des classes et des chances, sur la tragédie de la destinée….

 

Mais là où la réalisation a fait fort c’est sur le design sonore.

La musique, en partie signée par Mike Patton est subtile, distillée avec goût, elle ne s’impose pas mais souligne un propos, une ambiance permettant au spectateur de se plonger véritablement dans l’histoire.

Et puis il y’a surtout la belle surprise lorsque les premières notes du « Fratres » de Pärt apparaissent…

 

Au delà de la sublime musique qu’est celle d’Arvo Pärt (à découvrir absolument pour ceux qui ne connaissent pas), Fratres correspond parfaitement au Film.

 

D’abord le Titre: Fratres (frères en Latin)

Bien que les personnages de Gosling et de Cooper n’aient pas de lien de parenté, ce sont des âmes frères, deux êtres que tout oppose et qui pourtant s’attirent et se ressemblent.

 

Ensuite, l’écriture même du Morceau,

Fratres est composé d’un motif mélodique suivi de son inversion en miroir (les âmes frères que tout oppose), et ce thème revient inlassablement, transposé, enrichit mais impossible de s’en détacher, comme un destin inévitable et tragique.

Le thème de Fratres:

 

La version entendue dans le film est la version pour cordes et percussions. Version dans laquelle le thème de Fratres se fait également entendre par un violon en solo, apportant l’inévitable sentiment de solitude de chacun fasse à son destin….

 

Bien que préférant habituellement l’utilisation de musiques originales, force est d’avouer qu’ici, le réalisateur Derek Cianfrance à trouvé l’alchimie parfaite.

 

Pour conclure, je ne peux que vous conseiller d’aller voir ce film, beau et triste, avec bien sûr quelques maladresses mais qui laisse entrevoir de bons présages pour la suite de la carrière de Derek Cianfrance.